Entrevue avec Michel Gagné
Beaucoup de gens te connaissent comme l'un des organisateurs du Triathlon de Lévis, mais tu es aussi un athlète d'expérience, peux-tu nous résumer ton cheminement sportif?
Comme je suis originaire de La Malbaie dans Charlevoix et bien j’ai commencé avec les sports habituels, hockey, balle-molle, mais aussi tout ce que je pouvais pratiquer à l’école: volleyball, basketball, soccer, etc. J’étais partant pour tous les sports, mais en vieillissant c’est la balle-molle et le plein air qui ont primé…canot de rivière et camping en forêt.
À mon arrivée au Cégep j’ai essayé d’être sur l’équipe de badminton, mais c’est finalement en handball que j’ai joué intercollégial. C’est aussi le moment où j’ai commencé la course à pied que je pratique maintenant depuis 34 ans.
Entre 20 ans et 43 ans j’ai continué à faire beaucoup de sports mais surtout pour le plaisir, course à pied, planche à voile, vélo route et montagne, kayak de mer et c’est à 43 ans que j’ai décidé de poursuivre le rêve d’un ironman.
J’ai alors pris cinq ans pour me préparer…et cela me ressemble j’aime mieux prendre mon temps et gravir les marches une à la fois appréciant ce que chacune me procure. Au début de mon projet je ne pouvais faire deux longueurs de piscine, après une sortie de 100 km un petit dodo était au programme et je n’avais pas encore couru un marathon. J’en ai fait 11 en quatre ans dont mon premier en 3h18 min ce qui m’a permis de faire pour une première fois le marathon de Boston et tout cela m’a finalement amené à mon premier Ironman à Montréal en 2003 réalisé en 11h 03 min ce qui m’a pleinement satisfait.
J’ai depuis accumulé sept Ironmans, un double ironman, un 100 km de course à pied, plusieurs longues nages dont la Traversée de 10 km de la baie des Chaleurs, un 24 heures de vélo en équipe de deux (670 km) et globalement Francine et moi avons fait près de 100 compétitions depuis le début de notre relation il y a sept ans.
Et au programme entre autres choses en octobre prochain nous allons faire le Triple Ironman en équipe en Virginie, histoire de voir de l’intérieur comment cela se passe au cas ou un jour… mais mon but premier demeure de faire du sport encore très longtemps à l’image de mon beau-père Dominique qui à 70 ans ne cesse de nous inspirer .
Comment as-tu été amener à faire parti de l'organisation du Triathlon de Lévis
J’ai commencé comme accompagnateur en kayak de Suzanna Degazon en 2001, puis j’ai pris l’organisation des kayaks en charge en 2002 et finalement l’année suivante j’ai offert à Jean-Pierre et Robert de leur donner un coup de main parce que je trouvais qu’ils en avaient beaucoup sur les bras.
J’étais dans le Club Tri-Action depuis deux ans et je me disais que c’était mon tour de m’impliquer, il faut dire que mon diplôme en récréologie me donnait quand même quelques atouts à exploiter.
Depuis ton implication dans le Triathlon de Lévis, beaucoup de choses ont changés. Quelles a été ta plus grande contribution, ou celle dont tu es le plus fier?
Lorsque je me suis embarqué, les gars venaient d’apprendre qu’une subvention de 40 000$ du fédéral annoncée ne nous serait pas versée (vous vous souvenez des commandites…) et cela a occasionné finalement un déficit de 15 000$ une situation précaire pour un organisme comme le nôtre.
Alors ma première contribution fut décidée en prenant un verre de vin avec Francine un vendredi soir, ce serait une levée de fond en utilisant comme prétexte la participation de Jean-Pierre Morin au Double Ironman d’Autriche. Les membres de Tri-Action faisaient commanditer chaque heure sur le temps de 25 heures escompté par Jean-Pierre. Vous rappelez-vous que je me transformais en thermomètre aux entraînements du samedi matin et on a réussi avec la bonification de la CAFOL à ramasser 6 500$ et c’est avec cet argent que l’on est reparti.
Depuis nous avons plus que doublé le budget d’opération et nous pouvons compter sur un surplus accumulé d’une dizaine de milliers de dollars.
Je suis fier de la nouvelle natation en boucles,d e l’animation de l’événement, de la notoriété acquise, de la mise en place du sprint, de la présentation de la Course du Grand Lévis le vendredi soir en collaboration avec le club de Course de Lévis, de la tenue du Championnat du monde de Double Ironman 2008… mais aussi principalement de l’équipe de bénévoles mise en place… une équipe en or… Et du trio si agréable formé avec Jean-Pierre et Robert. Nous avons mis en place un événement qui se démarque par son accueil et ses services aux athlètes.
Que nous réserve le Triathlon de Lévis à court et moyen terme? Avez-vous des projets en particulier?
Excellente question et très à propos…effectivement il est fort probable que le triathlon de Lévis vive quelques changements importants à court terme. Cela vient du fait qu’une organisation presqu’entièrement bénévole comme la nôtre évolue au rythme de ses responsables et que nos vies respectives ont changé récemment et actuellement personne ne peut reprendre nos postes.
Mais encore plus…. il ne faut pas avoir peur de questionner nos façons de faire et d’apporter les changements qui nous apparaissent importants pour que le Triathlon de Lévis continue à répondre aux visées du club et aux attentes des athlètes qui y participent.
En ce sens il ne me revient pas d’annoncer certaines choses, le comité de direction du Triathlon fera bientôt rapport au conseil d’administration du club et en commun, certaines décisions seront prises.
Une chose est certaine nous célébrerons de belle façon le 10 ème anniversaire du Triathlon de Lévis en 2009.
Tu as déjà compléter un Double Ironman et plusieurs Ironman, tu sais ce que les athlètes vivent sur le terrain lors du Triathlon de Lévis. N'as tu jamais eu envi d'y participer au lieu de l'organiser?
Même si elle m’est posée souvent la question de faire les longues distances à Lévis ne m’a jamais effleuré l’esprit tant que je serai aussi impliqué dans l’organisation. C’est de l’Ultra-bénévolat que l’on fait quand je quitte la maison le vendredi matin je sais que je suis parti pour au moins 40 heures avec un petit dodo à l’arrière de ma van.
En fait je préfère contribuer à faire tripper 600 personnes plutôt qu’une seule… et de faire du bénévolat m’a apporté beaucoup comme je le préciserai dans une autre question. C’est le fun d’organiser quelque chose que tu pratiques tu sais effectivement plus ce qui est important pour les athlètes et tu peux tout faire pour le leur donner.
Quel est ton plus beau souvenir sportif? Ta plus belle course, ou celle qui est la plus mémorable
C’est une question difficile pour moi car je me plais à dire que je me considère chanceux de pouvoir faire ce que j’aime le plus donc les bons moments sont nombreux et se sont succédés au fil des ans par exemple le finale provinciale en handball au Cégep, mon premier marathon à Boston, mon premier double Ironman, le Goldman de Val D’or, mais je dois dire que mon premier Ironman à MTL m’a marqué le plus et celui de cette année à Lake Placid en compagnie de Francine et dans des conditions très difficiles m’a satisfait beaucoup.
Tu as tissé beaucoup de liens d'amitié lors de tes voyages et aventures sportives, Peux-tu nous donner un tour d'horizon de ces liens que tu as créer?
Ça c’est un autre beau côté du sport et je suis fier de compter des souvenirs impérissables de rencontres avec de bons athlètes mais également de beaux athlètes qui par leur attitude nous font aimer le sport et nous donne le goût de nous dépasser…et ces gens ils ne sont pas nécessairement tous au bout du monde il y en a ici à Lévis, au Québec maintenant en Ontario mais c’est certain que grâce au Double Ironman les frontières tombent.
En Autriche en 2003, le groupe de Luis Wildpaner nous a fait vivre de très beaux moments après que nous les ayons reçu au championnat du monde en 2002, Steve Kirby l’organisateur de la Virginie nous a déjà reçu chez lui à lorsque nous allions en Caroline à Noël il avait pris congé pour nous faire visiter la base militaire de Norfolk. Nous avons également eu du très bon temps avec Tamas Zolt de Hongrie en 2007 et nous avons beaucoup hésité pour aller à la première édition de son Double Ironman ce mois-ci.
En Californie en 2007 grâce à Suzanna Degazon j’ai su que Timothy Carlson journaliste émérite de Inside Triathlon serait à la course de la série One-O-One et j’ai eu le plaisir de le rencontrer et j’aurais bien aimé qu’il couvre cet été le championnat du monde de Double Ironman.
Et une petite folie avec Francine nous essayons de solliciter gentiment des photos avec des pros Kareen Smyers, Leonda Cave, Karen Holloway, Paula Newby Fraser etc…
Et ce n’est qu’un début car nous aimons tous les deux voyager et rencontrer des gens et ce ne sont pas les invitations qui manquent; Marathon de Londres de Berlin, de Paris, Ironman Germany, Silverman de Las végas et autres beaux projets.
Question "intime". Je crois que c'est un peu grâce au Triathlon que tu as rencontrer Francine. Comment vivez-vous le sport au quotidien?
Nous nous sommes rencontrés grâce au bénévolat au Triathlon mais rapidement j’ai réalisé que Francine possédait beaucoup de qualités que je recherchais et plus je lui parlais plus je constatais que nous avions la même conception sur bien des choses car quand on partage la passion du sport c’est plus facile de comprendre ce que l’autre ressent ou a besoin mais ce n’est pas tout…le sport c’est quelques heures par jour il faut donc beaucoup plus que cela pour avoir une relation intéressante.
Ce qui marque le sport au quotidien pour nous c’est que nous nous entraînons souvent ensemble car nous sommes de même force et nous pouvons ainsi nous motiver et nous encourager beaucoup. Mais la plus disciplinée c’est Francine, elle m’inspire, je ne crois pas que beaucoup de personnes dans le club s’entraîne plus qu’elle.
En ce qui me concerne c’est certain que le triathlon me prend beaucoup de temps ainsi que mon nouvel emploi…et ainsi j’adapte mon entraînement en conséquence.
Francine m’aide beaucoup côté nutrition et c’est elle qui développe beaucoup de nos projets de voyage par ses recherches sur internet. Évidemment on parle souvent sport et on essaie d’augmenter nos connaissances dans le domaine, mais on ne s’arrête pas de vivre pour autant on aime le vin entre autres choses.
On a organisé notre vie pour pouvoir mettre au cœur de notre vie les expériences sportives aussi souvent que possible.
Quelle conseils aimerais-tu donner à ceux qui veulent tenter un premier Triathlon?
Ne pas attendre plus longtemps et commencer à s’entraîner en conséquence je vais citer une publicité de Nike que j’aime beaucoup «Play hard life can be short » donc il faut s’y mettre d’autant plus que le triathlon c’est un sport si complet et si diversifié que vous risquez de devenir accro. Ensuite bien des façons sont possibles… la mienne : Se donner du temps et apprécier chaque étape atteinte, intégrer le tout à son horaire et celui des proches, ne pas vouloir aller trop vite : il n’y a qu’un certain pourcentage d’amélioration que l’on peut faire par année il faut savoir doser, sinon ce sont les blessures qui nous guettent, améliorer progressivement son équipement car plus les distances s’allongent plus il est important d’être bien équipé.
On pourrait compléter par ne pas minimiser les distances et se souvenir que l’expérience s’acquiert grâce à la pratique personnelle, lire, se documenter c’est bien mais il faut expérimenter.
Cependant fréquenter un club pour apprendre les bases d’un sport et pouvoir profiter de l’accompagnement d’autres athlètes plus expérimentés comme je l’ai moi-même fait en joignant le Club Tri-Action et le Club La foulée m’apparaît une avenue facilitante pour bien débuter dans un sport.





